L’emploi fast-food, ou comment intégrer le monde du travail

L’image négative que traînent les métiers de la restauration en fast-food m’a toujours étonné. Non que je néglige le fait que le boulot y soit éprouvant, et pas franchement paradisiaque. Ni que j’oublie que ce n’est pas en touchant le SMIC qu’on a une chance de devenir privilégié. Mais il me semble que ces emplois sont profitables à ceux qui y postulent. Je n’ai jamais considéré les employés de fast-food comme de pauvres hères ayant touché le fond en endossant l’uniforme, mais plutôt comme des jeunes en début de carrière, vivant là leur première expérience professionnelle. Et j’ai plus de considération pour ceux qui y travaillent que pour les jeunes du même âge, qui n’ont jamais travaillé et se laissent entretenir par leurs parents. Le salaire est faible ? Certes. Et c’est un avantage. Car c’est justement parce que le salaire est peu élevé que n’importe qui peut y travailler. Il suffit de savoir lire, écrire, calculer et de demander soi-même à y pénétrer pour avoir sa chance. La paye modeste n’astreint pas le patron à se montrer exigeant à l’excès lors de l’embauche. Tout le monde peut en conséquence y tenter sa chance. Une aubaine pour un jeune qui débute. On passe aussi un peu trop sous silence le fait que ces emplois de base aident certains individus à s’inscrire sur le marché du travail. Tout job est clairement une possibilité d’apprentissage. Cela peut paraître évident aux yeux des lecteurs, mais un grand nombre de gens n’ont pas, au cours de leur instruction, reçu l’éducation nécessaire pour s’en sortir au quotidien. Ce qu’apporte ce premier emploi. Éxécuter une mission en un temps défini, respecter le règlement, écouter le boss, entreprendre, s’améliorer, observer les ordres, manipuler des sommes d’argent conséquentes, s’exprimer de façon convenable… Si ces compétences vous paraissent aller de soi, ce n’est pas toujours le cas. Ce sont des capacités difficile à acquérir quand on est demandeur d’emploi ou qu’on n’a jamais travaillé ! A signaler aussi, c’est qu’aucun employé de fast-food ne s’éternise dans cet emploi. Soit il évolue pour devenir manager, soit il vole vers de nouveaux horizons après quelques mois sur place. Car, grâce à cette première activité professionnelle, il est parvenu à intégrer le marché de l’emploi, ajouter une ligne à son CV et à dégoter un autre travail, plus qualifié. Juger ces métiers à faible rémunération me semble donc aberrant. C’est en y travaillant que j’ai pu payer mes études et me préparer au monde du travail. Combien de personnes ont pu aider ces petits emplois durant les dernières décennies ? On aurait sans doute du mal à les compter tous !

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